Raconter

C’est ce que je dis à mes élèves de l’Ecole
d’architecture de Montpellier : “Racontez-moi votre
projet comme une histoire”. Ce n’est pas un artifice,
c’est une conviction ! C’est comme ça que je conçois
l’architecture. Le projet, en soi, raconte quelque
chose. Qu’est-ce qu’il faut faire pour que les gens

se sentent bien et qu’en même temps l’architecture
existe ? Ça tient à la qualité de l’espace, aux formes,
aux matériaux…
Le début de l’histoire, c’est d’où l’on est parti.

Il y a les éléments physiques, par exemple un site

en bord de mer, une relation à l’horizon… Ce sont
aussi des éléments de vécu : une volonté d’intimité

ou d’ouverture. Ça va jouer jusque dans les détails,
une fenêtre, comment on met en valeur un morceau
de paysage.
Pour définir ça, il faut qu’une complicité s’établisse
avec les clients. En parlant avec eux, en mangeant

à leur table, je perçois mieux leur mode de vie.

Après, je m’isole, je conçois le projet en prenant le
temps de faire une maquette. C’est le meilleur moyen
pour qu’ils s’approprient le projet - le côté maison
de poupées -, qu’ils n’aient plus peur qu’on les
conduise vers quelque chose qui ne leur plairait pas.
C’est une architecture sensible et intuitive,

mais qui ne perd jamais de vue les qualités d’usage
et l’insertion dans l’environnement, l’économie

et la pertinence énergétique.
Si je ressens le projet comme une histoire à raconter,

c’est aussi qu’il évolue tout le temps. Le projet

est une histoire en soi. Jusqu’à la dernière minute,

au point final, il y a des choses à améliorer.